SSexplo Modérationle 23/09/2026
Merci Anaïs pour ce partage et pour ce questionnement, qui est effectivement très présent lorsque l’on partage sa vie avec quelqu’un.
Quand le désir est moins présent, je pense qu’il peut être intéressant de commencer par s’introspecter, avant de chercher à agir directement sur celui-ci. Qu’est-ce qui se passe en moi en ce moment ? Est-ce que des changements hormonaux ou physiques peuvent jouer un rôle ? Est-ce que je me sens bien dans ma vie ? Est-ce que je me sens bien dans ma relation, sur le plan affectif et relationnel ? Y a-t-il certaines attitudes, certains comportements ou certaines situations avec mon/ma partenaire qui peuvent influencer mon désir ?
Une fois que l’on a pu mettre un peu de clarté sur ce qui se passe en soi, pouvoir en parler avec son/sa partenaire peut être précieux. En essayant de parler avant tout de soi, de ses ressentis et de ses émotions, plutôt que de pointer ce que l’autre « fait mal » ou « ne fait pas ».
Et là, je pense que la manière dont le partage est accueilli est tout aussi importante que le fait de parler. La personne qui écoute doit pouvoir, autant que possible, mettre son ego de côté pour accueillir ce qui est exprimé, sans immédiatement se sentir rejetée ou remise en question. Cela permet de rester dans une véritable écoute et de chercher à comprendre ce que vit l’autre.
De son côté, le/la partenaire peut aussi proposer de nouvelles choses, sortir un peu des habitudes, créer de la surprise, de la complicité ou de nouvelles occasions de se rencontrer autrement. Mais si une proposition ne fonctionne pas, cela ne signifie pas forcément que quelque chose ne va pas. On peut simplement se dire : « Bon, essayons autre chose. »
Le désir ne se commande pas, et il ne se décrète pas non plus. Il peut être nourri, stimulé, questionné, mais il a aussi besoin de liberté.
Et je vous rejoins sur un point essentiel : rester dans l’attente, la frustration ou la déception sans en parler finit rarement par aider. Peut-être que conjuguer les désirs, c’est justement accepter qu’ils ne soient pas toujours synchronisés, tout en cherchant ensemble comment continuer à prendre soin de la relation, de soi et de l’autre.
Pour le/la partenaire, cela n’empêche évidemment pas de pratiquer l’auto-érotisme (la masturbation), seul(e) ou éventuellement en votre présence. Cela peut même être une belle occasion de le vivre avec davantage de conscience et de présence à son corps : à sa respiration, à ses sensations, à ses mouvements, sans rester uniquement focalisé(e) sur la zone génitale ou sur les gestes génitaux. Une belle invitation, finalement, à aller à la rencontre de soi-même, à mieux écouter son corps et à continuer à se découvrir.